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samedi 5 avril 2014

Liga : Comment le Barça a mis la main sur le marché des enfants footballeurs


Le FC Barcelone a tissé une véritable toile d'araignée, particulièrement en Amérique du Sud, où peu de jeunes talents ne peuvent lui échapper. Décryptage d'un marché très particulier… pour lequel le club catalan a été sanctionné d'interdiction de transferts pour la saison prochaine par la FIFA.

Au moment de commenter ou d'analyser l'interdiction de recrutement qui vient de frapper le Barça, peu se sont attardés sur le destin de ceux qui ont provoqué, bien malgré eux, cette sanction. Ces dix joueurs mineurs qui n'auraient pas été transférés dans les règles de l'art selon la commission de discipline de la FIFA. L'ouvrage "Niños futbolistas" du journaliste chilien Juan Pablo Meneses permet d'en savoir davantage sur ces enfants footballeurs et sur l'implacable réseau mis en place par le Barça pour les détecter.
De jeunes promesses qui seront peut-être les prochains MessiXavi, ou Iniesta, mais qui pourraient également ne jamais percer. Ils sont argentins, paraguayens ou d'ailleurs. Le phénomène des enfants footballeurs, ces prodiges qui quittent de plus en plus tôt le foyer familial et déménagent parfois sur un autre continent avant même le début de l'adolescence, a été décortiqué par le journaliste chilien Juan Pablo Meneses dans un ouvrage "Niños futbolistas" (éditions Blackie Books), publié en 2013. Un ouvrage non traduit en français mais qui a fait grand bruit dans le monde hispanophone.
  Combien vaut ton enfant ? 
Pour acheter un enfant footballeur, point de départ de ce livre-enquête, Meneses a parcouru toute l'Amérique latine, de l'Argentine au Mexique. Pour bien comprendre comment fonctionne le business de la vente de joueurs encore mineurs vers l'Europe, il a rencontré les différents acteurs de la filière : parents, agents, entraîneurs, dirigeants de clubs… Au début de son enquête, le journaliste redoutait de poser cette question : "Combien vaut ton enfant ?" Mais rapidement, Juan Pablo Meneses se rend compte que les parents sont plutôt flattés que leur progéniture suscite ce type d'intérêt, et y voient une opportunité de sortir de la pauvreté. Et le Barça dans tout ça ?
Meneses accorde une place centrale au club catalan dans son ouvrage. Pour l'auteur, le Barça dispose du système de détection d'enfants footballeurs le plus avancé de la planète. Il raconte ainsi comment un jeune entrepreneur argentin ayant lancé un site mettant à la disposition des recruteurs des milliers de vidéos d'enfants footballeurs se voit surpris d'être rapidement contacté par le club blaugrana. "Le système du Barça est parfait, expliquait Meneses dans une interview à Sofoot.com en décembre dernier. Pour trois raisons. La première : un prodige de plus ou moins dix ans ne peut pratiquement pas échapper au Barça, où qu'il soit dans le monde. (Il y a peu, le Real a signé un Japonais de neuf ans et dans le communiqué annonçant son arrivée, le club merengue insistait sur le fait que le Barça le suivait depuis trois ans.) La deuxième raison : le Barça invente de nouvelles méthodes de détection, comme ces camps d'été pour lesquels la sélection se fait par vidéo envoyées par les enfants ou leurs parents, ou The Chance, ce concours organisé par Nike en 2012 avec la participation de Pep Guardiola. Enfin, tout ce business est fait avec le nom de l'Unicef sur le maillot. C'est une stratégie parfaite."

La faute à... Messi ?

A Lima, Buenos Aires, ou Guadalajara, Meneses a rencontré de petits surdoués. La plupart veulent jouer au Barça et améliorer ainsi le quotidien de leurs parents avec leur premier salaire. "Le Barça est devenu la grande obsession des enfants footballeurs", constate rapidement le journaliste. Meneses parle même de Messi comme du "grand coupable" de la chasse aux jeunes prodiges. "Messi fut une si bonne affaire pour ceux qui ont investi sur cet enfant des quartiers pauvres deRosario, et qui vaut aujourd'hui 200 millions, que tout le monde a son exemple en tête, et veut faire fortune grâce à un enfant footballeur", écrit le journaliste chilien. La tendance actuelle conduit à signer et à exporter les enfants en Europe dès leurs dix ans.
En 2009, Joseph Blatter avait dû répondre à la préoccupation des membres de la CONMEBOL, dont les clubs étaient lassés de se faire piller par les puissances européennes. Le président de la FIFA avait parlé "d'une obligation morale de défendre des enfants de treize ou quatorze ans" provenant du Brésil, d'Argentine, ou d'autres pays... Avant 18 ans, les transferts d'extra-communautaires en Europe sont strictement interdits. Comment ces enfants parviennent-ils alors à intégrer la Masia ou d'autres centres de formation prestigieux du Vieux Continent ? La ficelle est grosse et connue : un contrat de travail est offert aux parents pour simuler un déménagement pour raisons professionnelles. En réalité, les travailleurs chargés de faire vivre la famille sont… les enfants footballeurs. "A neuf ou dix ans, la grande majorité des enfants a déjà signé un contrat ou quelque chose qui y ressemble", découvre Meneses lors de son enquête

Source: Eurosport

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